PONDICHERY ou PUDUCHERRY

L'ancien comptoir de la Compagnie des Indes orientales

plan pondiPondichery ou Puducherry, selon l’origine sémantique tamoule, signifie « nouveau village ». Sa situation sur la côte du Coromandel l’ouvre aux influences de la mousson tropicale humide en provenance du golfe de Bengale entre juin et octobre.
La population  est pour les 4/5 composée d’hindous qui cohabitent avec chrétiens et musulmans.
La côte de Coromandel a été attractive pour les civilisations de l’Antiquité et du Moyen Age comme l’attestent les nombreux vestiges. Le commerce portait sur les produits de l’artisanat dont les cotonnades.
     En 1673, la Compagnie des Indes se fait octroyer un territoire de Poudouchery qui deviendra une tête de pont du commerce de la France en Asie.

 François Martin, nommé Directeur de la Côte de Coromandel, du Bengale et des lieux du sud, fondit le comptoir en 1674. Toutes les marchandises achetées en Asie par la compagnie des Indes étaient stockées dans ses entrepôts. Le comptoir comptait alors 100.000 habitants et était un grand centre de production de toiles de coton emballées sur place pour être expédiées vers la France. D’autres comptoirs relevaient de l’autorité de Pondichéry comme Karikal plus au sud qui pouvait répondre aux besoins alimentaires du chef-lieu. Nous avons contourné ce village qui conserve aujourd’hui quelques signes du passé français (école française, cimetière des  » Blancs « , monument aux morts pour la France). Bien que le littoral soit peu favorable au débarquement des marchandises qui doit se faire par transbordement à partir de navires mouillés au large, la proximité d’un estuaire permet la remontée fluviale vers l’intérieur du pays. Les français doivent cohabiter avec les hollandais, principaux initiateurs du développement urbain de Pondichery en adoptant un plan en damier dans la dernière décennie du 17 è siècle. La gravure de Nicolas de Fer (ci-dessus) conservée à la Bibliothèque Nationale du Portugal illustre ce plan géométrique.

  

dupleix

 La présence française et la vocation  commerciale du comptoir furent affirmés à partir de la nomination en 1742 du gouverneur Joseph François Dupleix. La cité portuaire se fortifie ; des factoreries transforment sur place les matières premières. Sur le plan urbain, c’est alors que se différencie la ville « blanche » au tracé géométrique de la ville « noire » qui correspond aujourd’hui au quartier tamoul.

Pondichéry est ainsi devenu le principal comptoir de la Compagnie des Indes orientales dont le siège est établi par ordonnance royale à L’Orient ; le comptoir exerce son autorité sur plusieurs enclaves périphériques ( Karikal et son bassin rizicole, Yanaon et ses entrepôts …) et devient l’expression de la puissance monarchique française sur la côte orientale de l’Inde.

         La prospérité de Pondichéry dura moins d’un siècle, car la guerre de Sept ans (1756-1763) fut un désastre pour ce comptoir pris par les anglais après cinq mois de siège (1761). La ville fut détruite et les remparts démantelés. Si au Traité de Paris en février 1763, le comptoir est restitué à la France, il lui est interdit de reconstruire ses fortifications.

        Au XIXè siècle, la ville est une enclave française au sein de l’empire britannique, servant d’escale sur la route de l’Indochine. Après 1848, les habitants de Pondichery sont reconnus comme citoyens français et obtiennent un droit de représentation au Parlement de la métropole. Il faudra attendre la IVè République pour accepter, sous le gouvernement de Pierre Mendès-France en 1956,  la rétrocession officielle de ce territoire à l’Inde. La ratification du Traité en 1962 par le Général de Gaulle donnera aux habitants la possibilité d’opter pour la nationallité française.
       On ne sera pas étonné de rencontrer au gré de nos déplacements dans les espaces publics de la ville des personnes parlant le français ; l’Alliance française et le lycée français de Pondichéry contribuent à la diffusion de notre culture.

 

PONDICHERY au XXIè siècle et son héritage colonial

 

 

 

 

Séparée par un canal, la « ville noire » ou tamoule est grouillante de population et bruyante d’activités. La circulation y est chroniquement congestionnée aux abords de l’avenue méridienne Mahatma Gandhi.

 

circulation à Pondichery

Le quartier musulman dans la partie sud est très singulier avec des habitations aux couleurs originales fermées par des portes très ouvragées.

Au final, Pondichery joue de son charme pour attirer les touristes internationaux et la bourgeoisie indienne le temps d’un long week-end en provenance par la voie des airs de New-Delhi.

On ne peut quitter Pondichery sans un passage discret à l’Ashram de Sri Aurobindo, philosophe indien rejoint par la « Mère » qui voua sa vie au yoga, à la méditation et à l’écriture nourrie par le travail sur soi ou « ashram ».

Sinon allez vous faire caresser la tête, moyennant quelques roupies, par l’éléphant du temple de Sri Manakula Vinayagar, dédié au dieu Ganesh, rappelant que tout de même la majorité de la population est hindoue.

L’européen vit au cours de cette étape une rétrospective de la période impériale en apercevant au fond du parc Bharathi l’ancienne résidence du gouverneur français et , au sud de la ville, le vieux cimetière colonial où on peut déchiffrer au fond d’un mausolée l’itinéraire d’un médecin français … avant de terminer son itinéraire historique à l’église rose et crème Notre Dame des Anges, repérable par ses tours jumelles.

 

notre dame des neiges